Radon : les campagnes 2025-2026 relancent un risque discret… qui se joue dans les logements
Depuis l’automne 2025, plusieurs Agences régionales de santé relancent des campagnes de sensibilisation et de mesure du radon dans l’habitat, souvent avec des kits de test proposés aux volontaires sur des territoires ciblés. Le message est toujours le même, mais il mérite d’être répété : le radon est un gaz naturel radioactif, invisible et inodore, qui peut s’accumuler à l’intérieur, surtout dans les pièces en contact avec le sol (caves, rez-de-chaussée). Et dans les secteurs les plus exposés, la question revient sur la table parce que les effets sanitaires sont documentés, avec un risque accru de cancer du poumon en cas d’exposition prolongée, notamment chez les fumeurs.
Pourquoi cette actualité concerne l’immobilier ? Parce que le radon n’est pas une “peur théorique”. C’est un sujet de qualité de l’air intérieur, donc un sujet de confort et de santé, mais aussi un sujet d’information lors d’une vente ou d’une location. La zone radon fait partie des informations intégrées à l’État des risques et pollutions (ERP). Résultat : dans certaines communes classées en potentiel significatif, la mention existe, elle se voit, et elle déclenche des questions. Les propriétaires qui n’ont jamais entendu parler de radon découvrent soudain un terme dans leur dossier, et les acquéreurs demandent “ça veut dire quoi, concrètement ?”.
Ce que doit faire un propriétaire quand le mot “radon” apparaît dans son dossier
Premier point : une zone “à potentiel radon” ne veut pas dire “votre maison est dangereuse”. Ça veut dire “le territoire est propice, donc ça se vérifie”. La seule façon de savoir, c’est la mesure. Un test radon se fait avec un dosimètre qu’on laisse en place plusieurs semaines (souvent sur la période de chauffe), dans une pièce de vie au rez-de-chaussée. C’est simple, peu intrusif, et beaucoup moins stressant que de rester dans le flou.
Deuxième point : si un niveau élevé est détecté, la plupart des solutions sont pragmatiques. On commence par les actions qui coûtent peu : aération quotidienne, vérification du fonctionnement de la ventilation, entretien des bouches et entrées d’air, ajustement des débits. Ensuite, on passe aux corrections “bâtiment” si nécessaire : amélioration de l’étanchéité des passages de réseaux, traitement des fissures et joints, voire mise en place d’une ventilation plus adaptée. L’objectif est de réduire l’accumulation, pas de transformer la maison en bunker.
Troisième point : attention à l’effet pervers de certaines rénovations. Quand on isole, qu’on remplace des menuiseries, qu’on “étanchéifie” un logement, on améliore souvent la performance énergétique… et on peut aussi réduire le renouvellement d’air si la ventilation n’est pas pensée en même temps. Sur des secteurs radon, c’est une vraie raison d’intégrer la qualité de l’air au projet, au même titre que le chauffage ou l’isolation.
Pour un diagnostiqueur immobilier, cette actu est une opportunité utile : expliquer ce que signifie la mention radon dans l’ERP, orienter vers la bonne démarche de mesure, et rappeler qu’une rénovation réussie ne se limite pas à la facture énergétique. Elle doit aussi rester saine à vivre.
